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 ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)

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Auxane T. Roncenoir

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MessageSujet: ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)   ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) EmptyLun 29 Déc - 11:27


Elle aurait du demander à Elina d'y aller, elle qui adore se rendre sur les quais quand les cargaisons en provenance de l'hémisphère Sud reviennent enfin de leur long périple. Les odeurs importées des orangeries exotiques et de l'amande emplit le port pour des semaines, et Auxane s'y rendait souvent avec son père, lorsqu'elle était plus petite. Mais à la lueur d'une bougie, elle se rend compte qu'elle ne peut pas déranger le sommeil -pour une fois- paisible de sa mère, endormie à poings fermés. Sur la pointe des pieds, elle se glisse dans sa chambre remonter la couverture, et ressort sans un bruit pour aller se vêtir, et porter quelque chose de suffisamment chaud pour affronter l'air glacé de l'hiver couplé aux brises marines plus froides encore. Elle a parfois l'impression que l'océan est devenu le poumon glacé de la terre depuis le début de l’Ère glaciaire. Convaincue par l'épaisseur d'une combinaison en tissu noir, Auxane s'habille et passe par la salle d'eau pour se passer un coup d'eau sur le visage et brosser ses cheveux avant d'en faire une rapide couronne de tresse. Elle n'a pas envie de renouveler l'exploit de l'an passé, à briser la pointe de ses cheveux par le froid parce qu'elle avait omis de les sécher convenablement. Un passage par sa chambre pour récupérer une épaisse cape de fourrure de loup gris, une écharpe pourpre faite par sa mère pour son père il y a longtemps de ça, et un sac contenant de quoi payer. Une fois hors de la maison, sur la terrasse, elle jette un oeil à l'horizon brumeux qui ne laisse même pas voir le port tant le brouillard a pris possession des côtes, tout en fouillant dans sa sacoche de cuir pour vérifier qu'elle n'a rien perdu entre temps. Deux rubis, des racines de genièvres, du charbon de menthe, très utile contre les maladies à cette période de l'année, d'ailleurs elle pourrait en tirer un bon prix et ramener un panier assez conséquent pour une fois.

Deux paniers accrochés à la selle d'Igno, et celui-ci bridé, elle l'enfourche et descend parmi la ville en croisant à peine quelques âmes matinales, qui elles aussi semblent se rendre au port avec l'arrivée des bateaux.
Ce n'est qu'une fois que le soleil perce la brume océanique qu'elle parvient au port, Valaar ayant rejoint les alentours après avoir couvert de son ombre Auxane pendant une partie de son voyage. Il s'est posé loin du port, pour ne pas effrayer certains marins qui n'ont pas l'habitude d'en voir d'aussi près. Igno est accroché parmi d'autres chevaux aux barres boisées près du premier ponton, et elle le décharge des deux paniers en osier vide qu'elle porte de ses mains.
L'effusion est à son comble dès le premier bateau : les cris jaillissent de toute part, si fort qu'aucun ne parvient à la guider jusqu'à ce qui l'intéresserait. Délaissant son ouïe au profit de la vue, elle se glisse donc jusqu'aux premiers étals qui se forment à même les quais, et en quelques minutes, elle a l'un de ses paniers entièrement rempli : oranges, amandes, sachets de fleurs d'oranger, extrait de vanille, bois d'acajou, roses des jardins d'Alienor, et une jade qu'elle a échangé contre son rubis. La vieille dame qui lui avait échangé ses roses lui a raconté qu'elle a fait le voyage pour la dixième fois depuis la mort de son cher époux, mais que c'est la première fois qu'elle voit l'un des bateaux se faire couler par un Oceanis. Auxane pince ses lèvres et ne répond pas lorsque la sexagénaire continue sur sa lancée en maudissant toutes les espèces de dragon.

*J'aurais préféré qu'il coule son bateau à elle, tant qu'à faire, afin que sa langue de vipère finisse mille lieux sous les mers.*
*Je croyais qu'on devait un respect inébranlable et indéfectible aux anciens ?*
*Même à son âge, elle n'est qu'une enfant. Il est des bipèdes qui restent enfants toute leur vie.*


Le regard d'Auxane quitte les quais pour chercher la tête de Valaar parmi la forêt avoisinante, mais son absence la faire sourire. Il a toujours boudé l'affluence et la présence d'autres bipèdes, déjà que la rue Prima lui parait insupportable lorsqu'il vient parfois la chercher pour la raccompagner lorsqu'il est trop tard. Elle a beau tenir un commerce important dans la rue, les mauvaises âmes s'en prendront quand même à elle si elle a le malheur de veiller seule dans cette rue. Et les quelques âmes vivantes qui foulent les pavés de la rue lui courent déjà sur les nerfs.
Ses deux paniers considérablement remplis, la forgeronne reprend le chemin en direction des chevaux pour retrouver Igno. Elle n'a pas atteint sa cible à une poignée de mètres près que son bras droit est parcouru d'une douleur électrisante, immédiatement suivie d'un engourdissement conséquent : elle en lâche l'un des paniers, qui répand ses oranges, racines et les blocs de savons odorants sur les pavés des docks.

« Merde ! »
*T'as fait quoi ?!*

Le fait qu'il ne répond pas immédiatement l'alerte plus que de raison.
*J'ai dû m'accrocher à une épine, petite fleur.*
*Ça a rien de drôle ! Je viens de tout faire tomber ! Pourquoi je sens plus mon bras, t'as fait quoi ?*

Rageuse, elle colle son bras engourdi contre le corps et de l'autre main, elle dépose l'autre panier et commence à rassembler ses affaires, commençant à craindre les voleurs à l'étalage. Si elle perd sa "récolte" du jour à cause de lui, elle va le maudire pendant des jours.

Un tremblement sourd et un courant d'air froid suivi de quelques soupirs d'effroi marque l'arrivée de Valaar, ailes grandes ouvertes, l'une qu'il replie contre son corps et l'autre qu'il garde à demi ouverte pour garder l'équilibre. Le jeune homme qui s'était approché derrière Auxane main tendue pour attraper l'un des bois exotiques sans payer recule immédiatement dès qu'un pic de glace large comme sa jambe vient se planter devant lui, et repart.
Auxane relève enfin sa tête, et remarque enfin que son aile à demi-tendue est parcourue d'un long fil rouge. Ses écailles d'ordinaire nacrées ont pris une teinte rouge sale. L'air furieux d'Auxane délie enfin la langue de Valaar.
*C'était une grosse épine, pour ma défense. Je ne sais pas qui a eu la merveilleuse idée de tailler les pins en pointe autour du port, mais visiblement c'est quelqu'un qui n'aime pas spécialement les volants.*
Pour ne pas dire les dragons.
Son butin ramassé, Auxane racle les paniers jusqu'à Igno pour les attacher sur la selle, et après deux minutes difficiles et mille jurons exposés à l'air froid du matin, elle y parvient enfin, et retourne voir Valaar.
« Je suis censée monter Igno comment, avec un seul bras ? »
Surtout qu'il en fait qu'à sa tête, cet étalon. Merde, c'est même pas après Valaar qu'elle est furieuse, mais l'idiot qui a eu cette folle idée de tailler les troncs comme des crayons de bois. Nerveuse, elle passe sa main contre sa joue gelée, puis se tient le menton en cachant une bonne partie de sa bouche. Le cuir de l'aile est déchiré vers le bord, mais si sa capacité de vol avait été atteinte.
*Tu as maté plus coriace qu'Igno avec un seul bras.* Sa tentative d'humour ne déride pas Auxane le moins du monde. Surtout lorsqu'elle voit l'écharde de la taille de son bras plantée contre le cuir épais de son aile.

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MessageSujet: Re: ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)   ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) EmptyMar 30 Déc - 1:41

♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) Tumblr_ncdqfhykUy1qelnr9o3_250 ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) Auxane10

C'était un glorieux matin de dimanche hivernal gorgé de soleil frais et d'odeurs d'herbe gelée. La Terre avait, il y a longtemps, choisi d'anéantir les hommes, mais s'était permise de conserver quelques beautés, et ces matins piquants et clairs où les habituels nuages brumeux se dissipent à l'approche du midi en faisaient partis.
Pédalant fougueusement sur sa bicyclette grinçante, Bea se brûlait les poumons avec délices à chaque inspiration gourmande.
Tant pis pour l'air glacé, il était si pur qu'il lui montait à la tête comme le meilleur des vins, et pour rien au monde elle ne se serait privée de sa caresse mordante ce matin.
Elle n'avait pas souvent le loisir de prendre du temps pour elle. Un peu plus, depuis qu'elle était montée en grade, et que ses frères s'étaient enfin décidés à goûter aux responsabilités (une idée qui la terrifiait, car elle n'était pas sûre qu'il existe un monde où Rufio, Elio et Dagan pourraient devenir des adultes responsables. Peut-être Dagan, puisqu'elle l'avait élevé plus que les autres et qu'il avait une tête bien mieux faite que celle des deux autres doux fous. Et encore). Mais même si à présent elle aurait pu se permettre d'avoir une vie un peu plus douce et moins chargée de travail, tant de loisirs et de liberté soudainement à portée de main l'effrayait. Elle fonctionnait mieux avec un emploi du temps clair, précis, et complet jusqu'à la surcharge.
Pour autant, elle appréciait ces moments de calme qui lui semblaient volés, ces moments placés en équilibre précaire sur le fil de sa vie bien remplie et bien rangée. Ces moments qui avaient un délicieux parfum d'interdits, quand ils étaient, en fait, les plus naturels du monde.

Elle cadenassa à une grille son vieux vélo qui aurait bien besoin d'être changé mais auquel elle était attachée comme à un fidèle destrier, et se glissa au sein de la foule bourdonnante, vers le centre de l'excitation concentrée autour du bateau qui venait d'arriver à quai.
Les senteurs d'épices et d'oranges mûres faisaient doucement grincer son cœur de nostalgie en dessinant dans son esprit l'image tendre de sa mère, de son parfum d'ailleurs, de ses histoires au soleil, de sa langue chantante, et elle s'autorisa, un instant, une seconde, à fermer les yeux et à se perdre dans son enfance.
Estoy del país de los naranjos azules, chica mía, estoy de una tierra de flores que queman.

Bea sourit, et se lança d'un pas vif jusqu'aux marchandises que l'on commençait à échanger avec empressement, jouant des coudes pour se frayer un chemin avec quelques difficultés. Elle n'était pas grande, Bea, ni particulièrement imposante, quoiqu'elle ne passait pas inaperçue avec sa tenue du jour : de grandes cuissardes de cuir fourrées, noires, au talon haut et carré, peu praticables pour la marche ou le vélo, très utiles pour regarder ses interlocuteurs dans les yeux, des collants en laine enfilés sous un pantalon fuseau également noir, deux ou trois tee-shirts et un pull en laine hideux mais chaud dissimulé sous un élégant manteau en peau de loutre luisant sous le soleil et un col en fourrure de renard polaire teintée d'un bleu électrique. Bea n'était peut-être pas quelqu'un qui brillait par son excentricité ou sa fantaisie, mais elle s'adonnait à l'occasion à quelques éclats d'élégance ou d'audace dans ses tenues, comme dans sa vie.

Bea mit enfin la main sur un pot d'olives confites et sachets de fleurs d'oranger. Elle avait l'habitude de disperser ces derniers dans tous les coins de la maison pour laisser l'odeur imprégner les lieux. La maison. Ce sera toujours sa maison là où ses frères vivent, même si elle était très heureuse de son petit studio. Elle y dormait cependant bien moins souvent que ce qui avait été prévu au départ, mais sa famille ne rechignait jamais de la voir apparaître pour le dîner, bien au contraire. Et elle savait déjà qu'Elio bondirait de joie quand il verrait les olives... et le savon au lait d'ânesse. Il aimait avoir la peau douce.

Elle rangea son butin dans le sac en bandoulière ballottant contre sa cuisse, et fit demi-tour, songeant que si elle se dépêchait, elle arriverait peut-être à temps au centre pour prendre la garde de Micha et le laisser aller chercher sa fille à l'école pour qu'ils aillent manger tous les deux. Le divorce était imminent maintenant, et il tenait à passer autant de temps auprès d'elle qu'il le pouvait, au cas où...

Un léger tremblement de terre l'expulsa de ses pensées compatissantes qui s'envolèrent à la vitesse d'un oiseau surpris. Les sourcils froncés, elle regarda la forme sombre qui venait de se poser non loin de cette scène de marché improvisée... large silhouette qu'il lui semblait connaître. Puis quelque chose vint buter contre sa botte, elle se pencha pour ramasser l'orange solitaire, et son visage s'éclaira d'une compréhension soudaine quand son regard se posa sur la jeune humaine qui se dirigeait vers le dragon d'un pas décidé.

Auxane.

Joie et nervosité se mêlèrent en elle tandis qu'elle suivit instinctivement la forgeronne.
La dernière fois qu'elles s'étaient vues, elles avaient encore franchi les limites de la simple amitié (amitié qu'elles avaient mis longtemps à admettre en raison de leurs personnalités complexes et caractères parfois trop affirmés) pour flirter avec quelque chose de plus charnel... malgré les persiflages amusés de Rufio, cela ne s'était produit que trois... ou quatre fois en deux ans, mais aucune des deux ne pouvaient vraiment nier qu'une relation singulière les liait.

Relation qui incita Bea à poser délicatement sa main sur l'épaule d'Auxane pour signaler sa présence, avant de se placer à ses côtés et de lui tendre l'orange qu'elle venait de ramasser.


« Il me semble que ceci t'appartient... »

Elle sourit à la jeune femme, frappée une nouvelle fois par l'intensité de son regard bleu qui faisait battre son cœur sous l'émotion des souvenirs.
Elle avait les yeux aussi bleus que ceux de Falko.
Inutile de préciser que leur première rencontre à la forge avait été légèrement tendue.


« Bonjour Auxane. Ça fait... »

Longtemps. Quelques semaines.

Elle fronça les sourcils en observant la posture inconfortable de son amie.


« Quelque chose ne va pas ? »

Elle ne prit pas la peine de dire bonjour à Valaar. Mirë consentait à l'occasion à saluer les humains dont elle était proche s'il arrivait qu'ils soient en sa présence quand il venait lui rendre visite, mais il était bien une exception.
La plupart des dragons ignorent les humains qui ne sont pas liés à eux.
Quand ils ne les haïssent pas.
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Dernière édition par Beatriz Desio le Ven 2 Jan - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)   ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) EmptyMer 31 Déc - 11:32


Les échanges intenses de regards entre le dragon et la forgeronne sont monnaie courante. Elle n'a jamais baissé les yeux sous prétexte qu'il s'agit d'une créature ailée qui fait la taille de sa maison, et lui n'a jamais été aussi admiratif de l'espèce humaine qu'à travers toute la fougue qui transpire à travers ses iris cobalt. Les dragons ne lui ont jamais fait peur : elle a toujours été animée d'une fascination sans égal à leur égard, s'imaginant un jour devenir elle même dragonne, ses bras parcourus d'ailes et de griffes, et de visiter le monde sans frontières et sans craindre le froid. Elle ne craint déjà plus le froid : la mort de son père a transformé son amour pour l'Humanité en une salle froide et sans issue, et la présence de Valaar a transformé le froid en quelque chose de sécurisant, d'apaisant. Le froid anesthésie, fait oublier la douleur même si elle s'obstine à s'accrocher comme une plante envahissante.

*N'y pense même pas*, prévient Valaar lorsqu'Auxane esquisse l'ombre d'un geste pour aller lui enlever cette foutue écharde, qui plante son aile mais fait vibrer de douleur son bras.
*Alors tu te débrouilles, tu vas dans la forêt au loin si ça te chante pour qu'on entende pas tes plaintes, mais tu vas t'enlever ça de l'aile. Ça aurait été moins gênant si ça transformait pas mon bras en espèce de membre mou... Regarde!*

Appuyant ses dires, Auxane pend son bras dans le vide et essaie de le plier, mais ne parvient qu'à effectuer un vague mouvement, le bras plus endormi qu'endolori. Elle jette un regard furieux à Igno, chargé de ses paniers, comme si l'étalon hérité de son père allait pouvoir changer quoi que ce soit dans l'esprit du dragon. L'inconvénient avec lui, c'est que ses qualités se transforment très vite en défaut : son intransigeance et son austérité ne la gênent pas d'ordinaire, sauf quand il s'agit de lui faire entendre raison.

« Il me semble que ceci t'appartient... »
Auxane se fige, et sans même se retourner, fustige mentalement Valaar de ne pas l'avoir prévenue, alors qu'il avait volontiers voulu transpercer le voleur à l'étalage il y a quelques secondes. Ce n'est que lorsqu'elle reconnait des traits familiers qu'elle comprend l'inertie du dragon. Redressée et face à elle, Auxane retrouve en Béa un visage familier qui la rassurent presque d'être à l'autre bout de la ville avec un seul bras. Beatriz, de sa seule présence, réalise le double exploit d'être perturbante et rassurante. Sa main récupère mollement le fruit mûr, auquel elle n'adresse pas un regard lorsqu'elle le remet dans le panier avec tous les autres.
« Bonjour Auxane. Ça fait... »
Il va peut-être falloir sortir de ta propre inertie, Auxane.
C'est chose rare que Beatriz prononce plus de mots que tu n'en dis. Elle est plus spécialiste des actes que des paroles ; elle s'en souviendrait en rougissant si elle n'avait pas été exposée publiquement face à ses propres secrets. Sa première pensée, et non la plus censée, est de remarquer que Beatriz est bien plus vêtue que ce à quoi elle l'a habituée, mais Auxane n'est pas sans apprécier l'élégance simple de sa tenue. Le bleu électrique lui sied étrangement bien.

« 3 semaines et demi. »
C'est précis.
Sans doute qu'elle même ne s'attendait pas à autant de précision. Mais sa mémoire martèle délicieusement le souvenir tiède et moite d'une nuit passée dans des draps qui ne lui appartiennent pas. D'une peau exotique, qui respire l'orange amère, la cendre et le jasmin.
« Quelque chose ne va pas ? »
Si elle n'avait pas coupé court à ses souvenirs, Auxane n'aurait pas donné plus de dix minutes de survie à sa décence.
C'est comme si elle se rendait compte maintenant de son bras ballant, comme si elle se réveillait et qu'elle remarquait enfin les quelques regards badauds et méfiants sur la carcasse irisée de Valaar, qui fixe sans ciller chacun des passants au regard un peu trop insistant, jusqu'à ce qu'ils détournent le regard. Une vieille légende court à Ignopolis selon laquelle regarder trop longtemps un dragon dans les yeux est un signe d'irrespect tel que certains peuvent vous transformer en statue de sel.
Auxane est une statue de porcelaine face à Béa.

« Disons, quelque chose gros comme ça. » Elle écarte ses bras pour indiquer une taille d'environ un mètre, et se décale sur le coté pour montrer l'aile plantée de Valaar. « Mais plantée là-dedans. »
Dans cette énorme masse de muscles et cette ossature nerveuse qui émet un sifflement imperceptible, mais que les oreilles habituées d'Auxane finissent par entendre. A n'en pas douter, personne hormis elle-même (suite à un acharnement qui l'épuise d'avance) ne touchera cette foutue écharde. Le souci, c'est qu'elle a de quoi manger à ramener à la maison, comme tous les soirs, et qu'aujourd'hui risque d'être une journée noire.
Aussi noire que les vagues dans ses yeux océan.
Un soupir sonore siffle entre ses lèvres séchées par le froid.
Un bras en moins, c'est une sécurité tronquée à l'arrivée de l'hiver, quand les premiers voleurs commencent à sortir le bout de leurs nez en se disant qu'ils ont intérêt à piller avant que plus personne n'ait de biens intéressants, qui ne soient pas de la pierre tirée des mines d'à coté, ou des biens issus des commerces de cette ville. Ignopolis la Gelée.
Le Cœur de Glace, froid comme le pic glacé planté dans le sol meuble à coté d'elle pour anéantir la tentative de vol. Auxane fronce les sourcils : Valaar n'a pas réitéré son geste envers Beatriz, c'est peut-être une porte ouverte pour qu'il...

*Plutôt rester avec ça.*
*Et sacrifier la possibilité de voler ? Laisse moi rire*


Elle ne lui laisse même pas le temps de renchérir. Valaar se tasse sur lui même frappe le sol de ses ailes, soulevant la fine couche de givre matinale et la fait tourbillonner dans les cheveux, vêtements et moindres interstices à dix mètres à la ronde. Même Igno et sa robe noire se sont transformés en statue de sucre glace.
Auxane range nerveusement une mèche échappée de sa couronne de tresses pour la remettre derrière l'oreille, et après un bref regard à Valaar et ses yeux de perle, se retourne vers Bea.
« On dirait ma petite soeur quand elle ne veut pas prendre son sirop contre la toux. Désolée, j'ai un gros bébé à gérer, tu as le temps pour un café ce soir ? J'ai pu en récupérer tout à l'heure, le vendeur m'a assuré que c'est le meilleur de la côte. Et s'il ment, comme ça, tu pourras venir avec moi et on lui fera des misères. »
Son air mesquin se fond à merveille dans son sourire d'enfant.
Le temps passé avec Bea a toujours quelque chose d'enfantin. Non pas d'innocent, puisque son innocence part en vacances dès que Bea est dans les parages (d'ailleurs Valaar n'a jamais cessé de lui répéter), mais de candide.

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MessageSujet: Re: ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)   ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) EmptySam 3 Jan - 22:12

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~~~

X COLD HANDS, WARM HEART, WICKED MIND X

~~~

Intense.
C'est à la fois le mot qui correspond le mieux à Auxane et qui laisse pourtant tant de nuances dans l'ombre.
Mais intense, c'est toujours ainsi qu'elle a considéré leur relation.
Du premier moment où les yeux noirs charbon se sont accrochés aux yeux bleus de glace.
De la première parole échangée à voix basse et rauque, au premier sourire, inattendu.
De la première caresse à la première surprise de corps qui s'apprivoisent et s'affrontent dans un combat plein de baisers.
Intense. Auxane.
S'il faut un moment à la jeune femme face à elle pour se remettre de cette rencontre imprévue, il n'en est pas moins nécessaire à Bea, qui le dissimule mieux peut-être. Non pas qu'elle ait rien à dissimuler à Auxane. Elle s'est toujours sentie en sécurité en sa présence. À l'aise. Sereine. Cela tient peut-être au fait que la jeune forgeronne ne lui demande jamais plus que ce qu'elle ne peut donner.
Et si Beatriz ne laisse pas toujours ses sentiments s'exprimer sur son visage, dont les yeux sont pourtant si expressifs qu'ils la trahissent bien plus souvent qu'il n'est permis, s'est parce que la vie, puis son métier (mais son métier, c'est sa vie), lui ont appris à s'emmurer ainsi.
Mais le mur n'a jamais noyé les yeux noirs.

Trois semaines et demi.

Bea ne cache pas son sourire, et se mord gentiment la lèvre en un geste étrangement juvénile pour une femme qui semble toujours si mûre. Et le léger hâle rosé sur ses joues n'est pas dû qu'au terrible froid hivernal.
Elle est touchée qu'Auxane ait ainsi ressenti son absence. Qu'elle se soit donné la peine de la remarquer. De la compter.
Il n'est pas toujours évident de savoir ce que pense Auxane. Elle est parfois assez... décalée dans son genre. Son esprit est différent.
Un esprit de dragon, se dit souvent Bea. Malgré toute la pureté et la clarté de ses yeux, on ne lit pas aisément à travers.
Alors l'aveu d'Auxane est pour elle une agréable surprise. C'est toujours avec le sourire, mais moins timide, plus aguicheur, que Bea murmure à mi-voix en réponse:


« Trois semaines et demi ? Il va falloir rattraper ce temps perdu... »

Mais l'heure est moins au flirt qu'à l'inquiétude. La bouche de Bea s'ouvre en un léger o de surprise quand Auxane se décale pour lui présenter l'aile endommagée de Valaar. Le dragon ne s'est pas raté. Elle comprend mieux la posture étrange de la jeune femme. Chaque lien entre humain et dragon est unique, et vient avec ses propres règles, ses propres limites. Si la douleur de Mirë ne s'est jamais inscrite dans sa chair à elle, ou inversement, elle a toujours été capable de sentir s'il était en danger. S'il été blessé. Même à des kilomètres de distance. La blessure de l'autre ne s'imprime jamais sur le corps, toujours dans le cœur. Bea croise les bras en penchant la tête avec un regard préoccupé, mais déjà occupé à analyser malgré elle. Les chances pour que Valaar se débarrasse rapidement de lui-même d'une telle écharde sont minces... elle grimace en pensant à Auxane, à son métier, son commerce. Comment fera t-elle avec un bras ? À moins que... à présent froide analyste et professionnelle intraitable, Bea s'approche sans s'en rendre compte de Valaar, ignorant le sifflement aigu du dragon. L'écharde bloque le mouvement de l'aile, mais n'est pas si profondément enfoncée, et sa position devrait rendre l'extraction aisée, si elle disposait d'une force suffisante pour... avec le discret sourire victorieux réservé aux diagnostics rapides et cas rondement traités, Bea déclare posément:

« Si je le guide, Mirë pourrait aisément vous retirer cette écharde, Valaar, (Bea le vouvoyait toujours. C'était peut-être moins une véritable marque de respect qu'une nécessité. On pense rarement à tutoyer un dragon. Elle se tourna ensuite vers Auxane) « Comme tu le sais, j'ai quelques compétences pour m'occuper des gros bébés difficiles, écailles ou non. Mirë doit arriver à l'heure du déjeuner, ça vaut peut-être le coup d'essayer ? »

Son visage s'adoucit soudain, la femme un brin espiègle émergeant sous la Guérisseuse chevronnée, et elle s'enhardit jusqu'à adresser un clin d'oeil à Auxane.

« Quant à ce café, telle que je te connais, si je parviens à enlever cette écharde tu ne voudras pas me laisser partir sans paiement, alors je propose que ce soit toi qui me l'offre... »

Elle glisse une main le long de son col en fourrure, geste à la fois machinal et permettant de se recentrer, et elle ne parvient pas à dissimuler un léger frisson, contrepartie pour être restée si longtemps immobile. Beatriz est très envieuse des gens comme Auxane, qui semblent appartenir au paysage hivernal comme l'oiseau appartient au ciel, le cygne au lac, l'étoile à la nuit. Beatriz n'a jamais bien supporté le froid. Même après toutes ces années. Alba ne lui a jamais vraiment manqué, mais sa chaleur constante, oui. Elle est une créature de soleil, de charbon brûlant, de fumées incendiaires, quand elle ferme les yeux, c'est pour rêver de couleurs, oranges et rouges et jaunes éclatants. Elle est en exil, ici, dans ces terres glacées.

Fort heureusement pour elle, c'est un exil au sein duquel elle a trouvé quelques réconforts... elle serre les bras autour de son ventre pour chasser le froid et propose avec un léger tremblement de menton:


« Que dirais-tu de s'éloigner un peu de la foule et de se rapprocher de l'eau, là-bas ? Mirë devrait bientôt arriver, il m'a fait savoir qu'il serait occupé à nager dans les parages avant notre rendez-vous... quelque chose au sujet des poissons bien gras d'Ignopolis. »

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Dernière édition par Beatriz Desio le Mer 21 Jan - 20:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)   ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) EmptyDim 4 Jan - 14:09


Auxane a toujours eu cette façon aiguisée de voir les choses, trop précise, souvent gênante. Elle se rappellera de la petite manie d'une personne qu'elle n'aura vu qu'une seule fois dans sa vie, se rappelle d'un grain de beauté délicatement posé dans le creux d'une épaule trop maigre, comme un point que la vie aurait laissé là par hasard. C'est peut-être pour ça que les hommes sont trop faciles à lire, sans intérêt. Mais le livre que représente Béa a l'odeur des pages vieillies par l'expérience, l'encre chaude qui a coulé de trop nombreuses fois se lit encore dans ses yeux. Des yeux plus noirs que tous les encriers qu'aucun écrivain ne peut posséder. « Trois semaines et demi ? Il va falloir rattraper ce temps perdu... »
Elle aurait rougi, si ses joues blanches n'étaient pas déjà mordues par le froid prenant des quais. La ville se réchauffe des torches disposées tous les vingts mètres dans les rues, ainsi que des foyers qui diffusent volontiers leur tiédeur près de leurs murs, mais les quais sont pris d'assaut par les vagues de froid venues des océans glacés depuis plusieurs décennies.
Elle ferait mieux de se taire, mais son coeur a toujours parlé avant sa tête. Ils se livrent une bataille inexplicable et le coeur a, pour une raison qui lui échappe, toujours pris le dessus.

« Ça risque d'être long. »
Elle même ne sait pas si son hoquet, qui ressemble à un rire, s'approche de l'espièglerie ou de l'indécence. Elle n'est pas sans ignorer les questions de sa mère lorsqu'elle lui demande d'où viennent des rumeurs selon lesquelles il lui arrive de fréquenter plus de femmes que d'hommes. Elle s'en est pour le moment toujours sortie avec une pirouette que sa mère n'est pas capable de dénier. "C'est pas difficile maman, je préfère même mes armures aux hommes". Et comme Elina ne sait jamais sur quel pied danser tant le regard d'Auxane est sérieux, elle finit pas cesser ses questions et passe une main tendre sur la joue de sa fille.
La douceur d'un contact qui n'a rien à avoir avec le genre de contact qu'elle peut ressentir en présence de Beatriz. Ce n'est pas de la douceur, ou alors elle se teinte de sauvagerie. Ce n'est pas de la chaleur, mais un brasier incandescent qui remonte du bas de son ventre pour aller chatouiller ses joues comme autant d'étincelles crépitantes. Des cheveux bruns perdus entre deux oreillers aplatis et des draps fouillis, un pied qui dépasse d'une couverture en peau, et des rires étouffés par l'épaisse couette de coton.
Ce n'est pas l'anesthésie généralisée de son bras qui la sort de ses songes tièdes, mais la présence de Valaar qu'elle sent envahissante dans son esprit, comme s'il voulait prendre toute la place et empêcher que les souvenirs de Beatriz ne lui prennent la sienne.

Le fait que l'exotique femme brune lui adresse directement la parole provoque chez Valaar un léger mouvement de tête. Mais jamais il ne cille et jamais il ne tourne la tête vers elle. Il est évidemment hors de question qu'une femme -et pire, un dragon- touche à quelle partie de son corps que ce soit. Mais la forgeronne est seule témoin de sa réticence. Le dragon irisé est un corps sculpté dans le marbre, où les émotions ne filtrent que par étincelles fugaces ; elle est même certaine d'être la seule à avoir appris à les lire, et se sent encore novice en la matière. « Comme tu le sais, j'ai quelques compétences pour m'occuper des gros bébés difficiles, écailles ou non. Mirë doit arriver à l'heure du déjeuner, ça vaut peut-être le coup d'essayer ? » L'heure du déjeuner. Elle qui ne déjeune jamais à heures fixes à cause de l'irrégularité de son emploi. Ses yeux cherchent l'horloge immense posée au dessus de l'entrée du plus gros hangar à poissons des quais, et remarque l'heure déjà avancée de la matinée.

Lorsqu'elle croise enfin le regard de Valaar, qui n'a pas bougé hormis cette aile plus relevée encore pour la mettre hors de portée de Beatriz, Auxane soupire et lève les mains, bras pliés.
« C'est pas moi qui pose problème. Si tu n'as pas peur de t'épuiser à essayer de le convaincre, même à deux, je n'ai rien contre. Ceci dit, j'vais prendre des popcorns pour observer le duel. »
Elle offre à Beatriz un sourire amusé, à la limite de la provocation qu'elle est capable de lui offrir sur un plateau d'argent, lorsqu'elles se retrouvent dans une pièce si sombre que seules des dents blanches et carnassières peuvent offrir un semblant de lumière.
« Quant à ce café, telle que je te connais, si je parviens à enlever cette écharde tu ne voudras pas me laisser partir sans paiement, alors je propose que ce soit toi qui me l'offre... »
Bea ne manque pas d'arguments.
Elle n'a jamais manqué d'arguments en sa faveur, mais elle y est plus sensible en un instant que tout ce que sera Valaar dans toute sa vie. Sa main sur le panier accroché à la selle d'Igno, qui commence à s'impatienter d'être attaché sans bouger parmi d'autres chevaux, elle réajuste sa veste et penche sa tête sur le coté, la mine un peu défaite.
« Vu l'ampleur de la tâche, c'est pas seulement le café que je vais devoir t'offrir. Tu me diras ton prix quand tu auras réussi... Si tu réussis », prononce-t-elle à voix basse sur les derniers mots, même si Valaar ressent jusqu'à la plus intime de ses pensées.

En remarquant le mouvement que Bea esquisse, Auxane fronce les sourcils et observe autour d'eux, comme si le temps allait subitement changer et offrir un soleil plus clément à la peau chaleureuse de Beatriz.
« Que dirais-tu de s'éloigner un peu de la foule et de se rapprocher de l'eau, là-bas ? Mirë devrait bientôt arriver, il m'a fait savoir qu'il serait occupé à nager dans les parages avant notre rendez-vous... quelque chose au sujet des poissons bien gras d'Ignopolis. »
Sa proposition est presque la suite logique du froid qu'elle ressent : les bâtiments offrent une ombre froide que le soleil n'épargne pas plus près des rives, rasant la poudreuse et réchauffant l'atmosphère.

« Que dirais-tu de s'éloigner un peu de la foule et de se rapprocher de l'eau, là-bas ? Mirë devrait bientôt arriver, il m'a fait savoir qu'il serait occupé à nager dans les parages avant notre rendez-vous... quelque chose au sujet des poissons bien gras d'Ignopolis. »
Tout en détachant Igno, elle jette un regard à Valaar qui ne prononce pas un mot, mais qui se satisfait de quitter ces lieux trop pleins de monde et de poissons moins frais, sortis de l'eau pour rejoindre des corbeilles surchargées et touchées par des mains à la propreté parfois discutable. Igno renâcle, et fait même savoir d'un coup de tête joyeux dans les airs qu'il est heureux de bouger. Les paniers sur son dos sont loin d'être aussi lourds que les chargements que livre parfois Auxane.
« Je te suis. J'en connais un autre qui profite de l'arrivée des bateaux pour récupérer ce qu'ils laissent parfois tomber derrière eux. Enfin, en temps normal, quand il s'est pas décidé à s'empaler sur les pins. Il faut aussi dire qu'un idiot a décidé de tailler une partie de la forêt en pointe, t'y crois? Comme les pics anti-pigeons sur les bords des fenêtres, mais taille dragon. »
Sa voix s'est blanchie au fur et à mesure, grisée par la colère communiquée de Valaar à l'égard de l'individu quelconque qui a eu cette idée, manifestant par la même occasion sa réticence évidente à l'égard des dragons. Qui d'autre qu'une personne détestant les dragons ferait de simples arbres de véritables lances à s'empaler ?

Après quelques mètres, le ton d'Auxane s'adoucit presque autant que les traits de son visage, rassérénés par la chaleur du soleil qui communique enfin véritablement avec sa peau. Valaar ne les a pas suivies : il s'est envolé, même difficilement, et a pris le large avant de rejoindre la rive à plusieurs dizaines de mètres des deux femmes.
« Dès que j'en ai fini avec ça, elle montre ses paniers pleins à craquer, je vais t'emmener à un endroit que je viens de découvrir en ville. Je suis sûre que tu n'as jamais entendu parler des thermes. »
Ni des idées qu'elle y associe.

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Teach me to how to fight, i’ll show you how to win. You’re my mortal flaw, and i’m your fatal sin.

BOITE DE PANDORE

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Beatriz Desio

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MessageSujet: Re: ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea)   ♦ My lover's got humour she's the giggle at a funeral (Bea) EmptyMer 21 Jan - 20:12

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~~~

X COLD HANDS, WARM HEART, WICKED MIND X

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Bea soutient patiemment le regard d'Auxane, un petit sourire au coin de la bouche, le sang chaud et agité battant contre ses joues, mais le cœur calme. Ce n'est pourtant pas un regard facile, celui de son amante passagère. Tout ceux qui l'ont croisé vous le diront. C'est un regard qui vous scrute au plus profond, jusque dans les recoins de l'âme où l'on a peur d'être découvert, c'est un regard qui dévoile vous secret, même les plus honteux, c'est un regard qui ne ment pas et ne laisse pas mentir. Mais Bea n'a rien à lui cacher, à ce regard. Elle ne pratique pas l'art de la dissimulation avec la terreur qui caractérise cette époque. Tout le monde fuit, tout le monde regarde ailleurs, tout le monde se cache, derrière chaque sourire il y a des montagnes de secrets. Elle ne comprend pas ça, Bea, cette paranoïa ambiante, cette crise de méfiance. Elle est comme tout le monde, pourtant, il y a certaines choses qu'elle veut garder pour elle, certains souvenirs, certaines blessures qu'elle ne veut pas rouvrir, des sentiers fragiles qu'elle ne veut pas laisser piétiner par des étrangers. Mais elle est convaincue que plus on cherche à se cacher, plus on est certain d'être découvert. Alors elle ignore l'hystérie de la fuite et écarte les bras pour laisser jaillir la lumière qui passe par les trous béants de son âme. Ça va. Ce n'est pas grave. La plupart des gens sont trop occupés par eux-mêmes pour la recevoir, cette lumière. Ils ont les yeux trop fermés pour comprendre et regarder. Si tout le monde savait ça, on vivrait plus tranquille et sans mensonges.

Auxane, elle, elle a toujours les yeux ouverts.

« Ça risque d'être long. »

Bea penche la tête sur le côté, cille avec embarras, se mordillant la lèvre, son sourire trop large révélant ce que Auxane ne peut voir dans ses yeux penchés. Elle lui répond d'une voix douce et feutrée, avec cette profondeur un peu rauque à vous provoquer des frissons le long de l'échine, surtout quand elle exsude de séduction :


« Au moins le temps de me faire pardonner mon absence... »

Elle lève un doigt et le passe délicatement, furtivement le long de la tresse qui couronne la tête d'Auxane, geste intime et espiègle à la fois, qu'elle accorde distraitement, avant de se concentrer de nouveau sur le petit problème de Valaar.
Petit problème qui doit bien faire la taille du bras d'Auxane, et qui en tout cas l'empêche de s'en servir.
Le dragon est, comme à son habitude, statue de roc et de glace, à peine un frisson parcours son immense corps pour indiquer qu'il suit le déroulement de leur conversation, s'il n'y participe pas. Bea laisse échapper un bref rire face au scepticisme affligé d'Auxane, et croise les bras, tête penchée, continuant à examiner l'être majestueux.
Il est si différent de Mirë. Ou est-ce Mirë qui est tellement éloigné des habitudes de son espèce ? Les rares autres dragonniers avec lesquels elle a échangé paraissent toujours surpris quand elle leur révèle que son dragon ne fait pas de difficultés pour s'adresser aux autres humains en sa présence. Pire, il paraît même s'intéresser sincèrement à quelques uns d'entre eux. Et pourtant. Il demeure pour elle cet étranger qui est plus familier que le reflet qui l'accueille dans la glace, cet inconnu troublant dont le cœur bat au même rythme que le sien. L'être le plus proche et le plus distant de sa vie.
Peut-être qu'elle n'est plus tout à fait très normal, elle aussi, si elle espère parvenir un convaincre un dragon de laisser un humain intervenir dans sa guérison.
Mais après tout, ce n'est rien qu'elle n'ait déjà fait.


« Alors empresse-toi d'aller t'acheter ces cochonneries, parce qu'il est hors de question que je laisse cette épine prendre racine. »

Igno se met à s'agiter, et Bea, par réflexe, se met à lui flatter l'épaule, murmurant un ou deux mots apaisants au cheval. On ne peut pas l'accuser d'être dure avec les humains, mais elle a toujours été plus aisément douce et affectueuse avec les bêtes. Ses années de sauvagerie adolescente ont laissé des traces. D'ailleurs, ses gestes d'affection envers ses frères sont souvent davantage ceux d'une ourse ou d'une louve que d'une grande sœur bien humaine. Un baiser plein de dents ou une embrassade à vous étouffer.

« Vu l'ampleur de la tâche, c'est pas seulement le café que je vais devoir t'offrir. Tu me diras ton prix quand tu auras réussi... Si tu réussis »

Son gant réchauffé par le corps tiède de l'étalon, elle hausse un sourcil amusé et prend un ton hautain en répondant à Auxane:


« C'est un défi ? »

S'il y a bien une chose qu'il ne faut pas suggérer à Bea, c'est qu'elle pourrait échouer dans son travail. Elle est fière, et perfectionniste, deux terribles traits de caractère qui la transforment parfois en bourreau pour ses collègues ou patients, et pire ennemie pour elle-même. Et elle relève le défi même dans le plus innocent des commentaires. Le sort en est jeté, elle retirera cette écharde de l'aile de Valaar même si elle doit y perdre son propre bras pour le faire. Ou plutôt sa tête. Ainsi que celle de son assistant désigné volontaire, Mirë. En parlant de lui... le regard de Bea se fait légèrement lointain tandis que ses pensées se tendent vers son dragon. Sa bouche s'ouvre en un petit o de surprise quand la voix de l'ancêtre résonne dans sa tête.

*Quelque chose à me demander, Bea ?*
*Tu es déjà ici ? *
*Comme tu l'as dit toi-même, les poissons bien gras d'Ignopolis sont une excellente raison de rôder dans les parages... *
*Qu'est-ce qu'on avait dit au sujet des conversations privées qui le deviennent beaucoup moins quand elles sont écoutées par l'autre ? *
*Probablement que ça ne s'applique pas quand j'en suis le sujet. Et puis ce n'est pas très équitable, je ne parle à personne, moi. *
*Si vous autres dragons étaient un peu plus sociables aussi... *
*En parlant de dragon sociable, j'ai cru comprendre que ce cher Valaar avait besoin d'une petite intervention ? *
*...Tu restes à l'écart de tout ce qui dépasse chez lui, d'accord ? *
*Sachant qu'il n'y a pas grand-chose qui dépasse... *
*Je parlais de ses aspects tranchants et pointus, vieux pervers. *


Un rire énorme la secoue de l'intérieur et la fait grimacer, tandis que quelques mètres plus loin, le dragon blanc surgit ruisselant des flots pour venir à la rencontre de Valaar, sur la rive. Lui qui glissait plus léger qu'un nuage dans l'onde glacée est légèrement pataud sur la terre ferme, oiseau désarçonné par la soudaine gravité. Mais ses yeux couleur de violette pétillent d'humour tandis que sa profonde voix gouailleuse vient saluer Valaar.


« Bonjour, cher ami. J'ai cru comprendre que tu te trouvais dans une situation épineuse... »

*Et tu te demandes pourquoi il n'aime pas ton humour... *

Chassant le regard vacant qu'elle devait probablement avoir pris pendant sa discussion avec Mirë, Bea tourne de nouveau la tête vers Auxane qui a détaché Igno et attend qu'elle prenne la tête. Avec un bref sourire, Bea se met lentement en marche, son visage s'assombrissant quand Auxane lui explique comment Valaar est parvenu à se blesser. Sa mâchoire est serrée et ses yeux plus noirs que les puits sans fond d'Alba quand elle articule sèchement:


« Si l'un de ses imbéciles venait à se trouver un jour entre mes mains, je ne réponds pas de mon professionnalisme... il pourrait bien arriver avec un bras cassé et repartir avec quelques dents en moins... »

Vaines paroles de rage. Bea méprise résolument la violence gratuite et la facilité. Et elle ne peut pas condamner ce que font d'autres et agir de même, n'est-ce pas ? C'est pourtant terriblement tentant quand on est confronté à de pareils actes... elle rumine encore un peu sa rancœur et son dégoût, puis le soleil et les bruits de la foule qui s'éloignent et s'apaisent chassent la moue sur son visage comme un vent frais balaie une fumée malodorante. Elle regarde de nouveau Auxane, qui amène des pensées plus agréables encore que tous les bienfaits de la nature, et plisse le nez, intriguée par sa proposition.

« Les thermes ? Tu vas peut-être encore me dire que je vis comme une ermite mais non en effet je n'en ai jamais entendu parler. À en croire Rufio je ne m'autorise pas suffisamment de plaisirs dans la vie. »

Sa voix baisse d'un octave tandis qu'elle ronronne presque la suite:

« Alors je suis prête à te suivre si tu veux y remédier... »

Elles ont presque rejoint les deux dragons, à présent. L'eau clapote gaillardement près de leurs pieds, embrassant le quai de pierre avec des baisers visqueux et sonores. L'excitation du marché est loin à présent, laisse la place à davantage de langueur, à cette heure creuse qui arrive juste avant midi et rend les esprits brumeux. Bea pose une main sur l'épaule d'Auxane, un peine un effleurement pour l'inciter à s'arrêter une seconde.

« Mais avant de laisser la place à des activités plus joyeuses, je crois vraiment qu'on devrait s'occuper de ce bras. Tu ne vas pas traîner ça toute la journée. »

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